Nostalgie métropolitaine
MEMEE HEROS DU METRO
APRES LE CRAYON... LA PLUME : livres audio,
textes, poêmes, nouvelles, contes à lire ou écouter.
REUILLY DIDEROT
Odeur âcre du Métropolitain. Portes béantes donnant sur le quai. Personne ne bouge, il ne se passe rien. Mémée stoïque sur la banquette en bois face à moi me contemple comme son chef d’œuvre.
Les portes claquent. Soupirs et gémissements, le wagon se disloque. La peau du coup d’Mémée tremblotte.
La joue sur la vitre froide peuplée de voyageurs qui regardent dans la vitre les voyageurs.
Noir – lumière – noire. Entre-deux regard énigmatique de Mémée.
T’as vu Dubo, Dubon, Dubonnet ? … Dubo, Dubon, Dubonnet… c’est rigolo !
En haut à gauche « INTERDIT DE CRACHER »… cracher en voilà une drôle d’idée.
Soudain, brutal, un fracas de ferrailles dans un déferlement de lumière.
Images furtives, incompréhensibles : simple croisement de rames dit Mémée à qui on ne la fait pas.
Très vite retour à l’obscurité, instant d’inquiétude, non Mémée est toujours là face à moi sur la banquette en bois.
Dubo, Dubon, Dubonnet… Dubo, Dubon, Dubonnet… comme un marteau sur la tête du prolo.
CHATEAU DE VINCENNES
A nouveau la lumière. Panneaux publicitaires. Dernier souffle. Loqueteau de fer, claquement de portière.
Je descends, premier pas sur le quai, derrière moi Mémée avec son grand cabas, son regard planté dans mon dos, toujours aussi fière de moi.
Débonnaire, le Cerbère à casquette regarde défiler ses passagers de retour de l’enfer.
Dernier coup d’œil tout droit, là où nous n’irons pas. Grand trou noir, « le dépôt » dit Mémée que décidemment rien ne semblait inquiéter. Du fond du trou … des gémissements de monstres ferraillants. Ne pas les déranger, nous nous prenons l’escalier.
Couloirs blanc brillant comme un soleil d’été, rythmés de publicité.
Enfin PARIS… sous la pluie.